Cet homme qui a orchestré le succès d’IBM pendant tant d’années est décédé jeudi 3 novembre, à l’âge de 86 ans, chez lui à Fort Myers, en Floride. Un petit retour sur les destins croisés de cette grande boite et de ce grand homme s’impose.

 

IBM, plus de cent ans d’histoire

International Business Machines, plus connue sous l’abréviation IBM, est une multinationale spécialisée dans la technologie informatique ainsi qu’une société de conseil. Les origines de cette entreprise remontent à la fin du 19e siècle et ses racines se trouvent dans la fusion de quatre sociétés différentes, dont la Tabulating Machine Company. Cette dernière fut créée par Herman Hollerith, un statisticien américain qui déposa le brevet de la carte perforée (ou carte Hollerith) en 1984. Ces cartes qui facilitèrent considérablement le processus de recensement – les mêmes que l’on retrouve dans les orgues de barbarie – furent les premièrs supports de mémoire de masse utilisés dans les débuts de l’informatique.

En 1969, IBM opère un changement clé dans sa stratégie marketing et décide de procéder au dégroupement des ventes d’équipement informatique de ses ventes de logiciels et des services qui les accompagnent. Avant cette période, les clients ne payaient pas séparément leurs logiciels et une formation leur était offerte à la discrétion du vendeur. Il s’agit d’une date clé dans l’expansion de l’industrie des softwares. IBM est actuellement le premier fournisseur de technologie informatique aux entreprises dans le monde, avec un revenu annuel avoisinant les 100 milliards de dollars. Elle emploie plus 423 000 personnes.

 

John Opel, un talent à la hauteur de son ambition

John Opel est né à Kansas City dans le Missouri en 1925. Il grandit à Jefferson City et fait ses études au Westminster College de Fulton. Durant la Seconde guerre mondiale, il part se battre dans les Philippines et à Okinawa.

En 1949, il décroche un MBA de l’Université de Chicago. Lorsqu’il intègre IBM la même année, à l’aube de l’ère informatique, la boite vend des machines à écrire électriques ainsi que des instruments de comptabilité.

Il est nommé Vice-président dans les années 60 et Vice-président senior en 1969; il est également Président directeur général de 1981 à 1985, mandat qu’il cumule avec celui de Président du Comité de février 1983 jusqu’en mai 1986. Homme discret et peu médiatique, il est considéré comme un acteur essentiel dans l’histoire de l’entreprise, attachant autant d’importance à ses clients qu’à l’impeccabilité de ses costards.

En 1969, le Département américain de la Justice, en vertu du Sherman Anti-trust Act, porte plainte contre IBM pour monopole ou tentative de monopole du marché des systèmes d’ordinateur. La plainte est finalement retirée après 13 ans de poursuite.

La même année, IBM décide de vendre séparément ses  logiciels et ses machines. Il s’agit d’une date clé dans l’expansion de l’industrie des softwares, mais aussi d’un tournant pour IBM qui devint alors plus agressif sur le marché. Sous le mandant d’Opel, les revenus de l’entreprise doublèrent et l’homme à la tête de ce succès implacable fit la couverture du Time magazine en 1983.

En 1981, Opel finalise un projet d’ordinateur personnel en utilisant un microprocesseur Intel et un système d’exploitation Microsoft, participant lui-même au virage qui allait avoir lieu dans l’industrie de l’informatique. De manière inévitable, les concurrents finirent par comprendre qu’ils leur suffisaient de faire des copies de cet ordinateur personnel en utilisant les mêmes composants Intel et Microsoft. Dans une stratégie d’adaptation à l’évolution du marché des ordinateurs personnels en plein boom, IBM décida finalement de se concentrer sur les programmes et services et d’abandonner sa branche hardware.

Il laisse derrière lui une veuves de 56 ans, cinq enfants et 15 petits-enfants. Si IBM – qui a fêté le 16 juin dernier le centenaire de sa création – peut se féliciter d’avoir su rester sur le devant de la scène pendant des décennies et ce malgré plusieurs récessions et la Grande dépression, ce n’est pas sans remercier le flair et la dévotion de ce cher Monsieur John Opel. Le 25 octobre dernier, la compagnie annonçait la nomination de Virginia M. Rometty en tant que prochaine Directrice générale.

Sources : New York Times, Wikipedia
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